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28.04.2008

L'Afrique & les armes

200 ou 300.000 morts, un million et demi de déplacés, voilà les dernières données sur le conflit au Darfour. Une région apparemment très pauvre (on parle de pétrole caché quelque part) du Soudan occidental, où se reproduit le scénario habituel:des hommes armés de kalachnikovs sévissent en tuant la population et en brûlant leurs habitations. Ce sont les Janjawids, les fameuses milices pro-gouvernementales, que le Congrès des Etats-Unis avait qualifiées, en septembre 2004, de «génocidaires», alors que les Nations Unies ont préféré affirmer que «certains responsables pourraient être accusés d'intentions génocidaires».
Pourquoi cette appréciation différente? Ce n'est pas la peine d'aller chercher loin: les armes. Des membres du Conseil de Sécurité des Nations-Unies ont conclu, ou sont sur le point de le faire, des contrats lucratifs d'armement avec le Soudan (des dizaines d'avions de combats, des centaines de chars et de véhicules blindés, destinés à l'armée soudanaise). A eux seuls, Etats Unis, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne représentent plus de 90% du commerce mondial d'armements: entre 1998 et 2002 ils ont exporté des armements pour un montant de 101.000 millions de dollars américains. Le reste du marché est couvert par Israël, devenu un important exportateur dans les secteurs de l'électronique, des drones (petits avions d'observation sans pilote) et des missiles tactiques, puis par la Chine, l'Italie, la Suède, l'Afrique du Sud et le Brésil.

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25.04.2008

L'agriculture africaine pourrait gagner de l'argent vert

Le manque d'information est le principal obstacle aux programmes qui prévoient de rémunérer les paysans africains pour les inciter à protéger l'environnement, selon un responsable de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.Le paiement des services environnementaux (PSE) est une pratique observée dans plusieurs régions du monde depuis les années 1980, et qui pourrait permettre de faire face aux préoccupations croissantes que suscitent le changement climatique, la perte de biodiversité et les ressources en eau, selon La Situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture, le rapport annuel de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

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24.04.2008

Elections présidentielles en Afrique

Les élections présidentielles en Afrique sont souvent source de contestations et de crises, même si certains pays ont connu des alternances réussies. Au KENYA, où plus de 300 personnes ont été tuées depuis la réélection contestée du président Mwai Kibaki, les périodes électorales ont été plusieurs fois le cadre d'émeutes meurtrières. En 2002, le pays a connu une alternance démocratique et pacifique avec la victoire de M. Kibaki, mais les deux scrutins de 1992 et de 1997 avaient été marqués par des violences politico-ethniques. En 1992, juste avant et après les élections générales, des centaines de personnes ont été tuées dans la vallée du Rift (ouest) dans des violences interethniques.

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23.04.2008

Investissements multipliés par 2 en Afrique

D'après un rapport de la CNUCED sur les tendances en matière d'investissements, publié en marge des réunions de la 12ème session de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) et distribué samedi dernier par le bureau de presse de l'ONU au Caire, les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique ont doublé entre 2004 et 2006 pour atteindre un record de 36 milliards de dollars. Cette évolution s'explique, selon cette même source, par l'attrait des ressources primaires, l‘augmentation des bénéfices des entreprises et un climat économique généralement plus favorable.


Dans ce document, repris par l'APS, il est indiqué que plusieurs pays africains ont enregistré des flux des IDE dans les domaines essentiels grâce à l'exploitation des ressources naturelles du continent et aux programmes de privatisation. Le rapport met aussi en exergue « l'affluence notable » sur les ressources naturelles en Afrique, notamment le pétrole, à la faveur de « la décision des Etats-Unis de réduire leur dépendance de pétrole du Proche-Orient et de se tourner davantage vers les ressources énergétiques de l'Afrique » et l'engagement des multinationales asiatiques dans les activités à l'amont dans le continent africain.

Selon le rapport, les pays de l'Afrique du Nord ont attiré 37% de ces IDE, alors que ceux de l'Afrique de l'Ouest ont drainé 20%. Par ailleurs, 7% des IDE ont été réalisés dans les pays de l'Afrique centrale, 5% dans les pays de l'Afrique de l'Est et 33% dans les pays du sud du continent.

Ce qui s'est traduit par l'installation en Afrique de 6 400 multinationales, notamment européennes et américaines. Pour le détail, le rapport précise qu'en 2006, les entrées d'IDE ont dépassé 1 milliard de dollars dans huit pays africains et ont progressé dans 33 pays. Les 10 premiers pays d'accueil ont reçu 90% environ de ces flux, soit 32 milliards de dollars. Les pays d'Afrique du Nord ont bénéficié d'entrées record d'IDE, en partie de STN asiatiques.

Tous les pays de cette sous-région, exception faite du Maroc (où les courants d'investissement sont restés relativement importants), ont bénéficié d'un plus grand montant d'IDE dans un large éventail de secteurs. En Afrique subsaharienne, les entrées d'IDE ont augmenté dans toutes les sous-régions, sauf en Afrique australe, en raison d'investissements importants dans les secteurs du pétrole et de l'extraction minière.
 
algerie-dz.com

Où sont les intellectuels de l’Afrique et de ses diasporas ?

 par Christian Eboulé
 
Après la disparition d’Aimé Césaire, la question devient plus urgente encore.La nouvelle était attendue. Cette fois-ci, depuis son hospitalisation à l’hôpital de Fort-de-France, l’issue fatale ne semblait plus être qu’une question de jours. Aimé Césaire s’est donc éteint ce 17 avril dans sa Martinique natale, cette île chère à son cœur, et qui lui avait inspiré l’une de ses œuvres majeures : « Cahier d’un retour au pays natal ». Avec cette disparition, le monde perd un homme au souffle intellectuel et spirituel immense, un homme politique véritablement au service du peuple et surtout, un phare pour tous les peuples opprimés. Après Mongo Beti en 2001, c’est l’une des dernières grandes figures intellectuelles noires qui disparaît à son tour ; rendant encore un peu plus orphelins, tous ceux qui au sein des diasporas, en Afrique, aux Etats-Unis et un peu partout ailleurs, s’enrichissent de ces nourritures de l’âme et de l’esprit, et ont besoin de repaires, voire de référents de la stature d’Aimé Césaire, de Franzt Fanon, de Mongo Beti ou encore de Cheikh Anta Diop. D’ailleurs, outre leur envergure, l’une des principales caractéristiques de ces intellectuels était leur engagement. Aujourd’hui, si l’époque est moins fournie sous tous les cieux en intellectuels démiurges, l’Afrique et ses diasporas semblent les plus mal loties.

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21.04.2008

RDC : la mafia contrôle le secteur aérien

par Kilosho Barthélémy
 
Depuis les cinq dernières années, des dizaines d’accidents sont à déplorer et les plus récents sont survenus en octobre 2007, date à laquelle le ministre du transport fut limogé pour « incompétence » ; un bouc émissaire cachant un autre secteur opaque qui octroie des licences de navigation à coup de "billets verts" pour les vieux avions russes et occidentaux déjà sur la liste noire de l’Union européenne. Le dernier accident du 15 avril 2008 ne freinera pas un secteur très rentable dans un pays qui pèche par l’absence de grands réseaux routiers intérieurs.

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17.04.2008

La hausse des prix agricoles, une chance pour l'Afrique ?

par Jacques Diouf et Jean-Michel Severino

 

Le Monde titrait en "une", le 14 avril, sur la flambée du prix des denrées alimentaires. Le Caire, Dakar, Douala, Abidjan : la rue gronde, les manifestations se multiplient. Si elle pénalise le pouvoir d'achat du consommateur européen, l'envolée simultanée des prix du pétrole et des denrées alimentaires de première nécessité affecte dorénavant la stabilité politique de certains pays du Sud.

Le prix moyen d'un repas de base a augmenté de 40 % en l'espace d'une année dans certains pays africains dont la moitié des populations vit avec moins de 1 dollar par jour.

Cela signifie le retour de la faim dans des régions qui s'en étaient émancipées. Or plusieurs phénomènes d'ordre structurel, du côté de l'offre (effets du changement climatique, faiblesse des stocks et compétition des biocarburants pour les terres agricoles) comme de la demande (croissance démographique, changements alimentaires dans les pays émergents), laisse présager la persistance de prix élevés dans les prochaines années.

A court terme, il n'existe pas de solution satisfaisante pour les gouvernements concernés. Pour un Etat importateur de produits alimentaires et de pétrole, l'envolée concomitante de leurs prix grève les finances publiques. Face au mécontentement grandissant de leurs citoyens, les gouvernements sont contraints de répondre aux besoins immédiats de la population. Des interventions souvent faites au détriment des investissements de long terme, qui seuls permettront à l'Afrique d'échapper durablement au spectre de la pénurie alimentaire. Les interventions publiques d'urgence, nécessaires pour amortir le choc subi par les plus pauvres, ne doivent pas se faire aux dépens de l'adaptation de l'agriculture africaine à cette nouvelle donne mondiale.

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16.04.2008

L'AFRIQUE EST L'AVENIR DU MONDE POUR LA RIZICULTURE

Par Dr. Papa A. Seck, Spécialiste en politique et stratégie
 
 
L'humanité est présentement face à une crise rizicole très aigue qui, à n'en point douter, constitue une menace sérieuse pour maintenir la paix sociale. A notre sens, Il ne s'agit nullement d'une surprise car vu le capital de connaissances accumulées par l'homme, il est difficile voir impossible de ne pas prévoir de tels phénomènes.
Le Centre du riz pour l'Afrique (ADRAO) a, depuis au moins 02 ans, prédit une crise rizicole en Afrique à partir de 2008. La dernière alerte date du Conseil des Ministres des Etats membres tenu à Abuja en septembre 2007. Au cours de cette importante rencontre, le Directeur général de l'ADRAO avait fait une présentation intitulée «Crise rizicole en Afrique, mythe ou réalité ?». Il en était clairement ressorti que notre continent va vers de réelles difficultés d'approvisionnement. En effet, l'Afrique couvre 10 à 13 % de la population mondiale mais absorbe 32% des importations mondiales, et connaît un taux de croissance de sa consommation d'environ 4,5% par an. S'y ajoute le fait que les stocks mondiaux sont au plus bas niveau depuis 25 ans, avec moins de 2 mois de réserve dont la moitié se trouve en Chine. Il convient aussi de souligner que des modèles économétriques avaient également estimé que les prix de 2008 seraient au moins le double de ceux de 2002.

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13.04.2008

Changements climatiques, l'Afrique en 1ère ligne

Les conclusions d’une rencontre organisée à Rabat par Emerging Markets Forum

L’Afrique demeure le continent le plus vulnérable aux changements climatiques dans la mesure où entre 75 millions et 220 millions de personnes y seront, d’ici 2020, exposées à des problèmes de pénurie d’eau, de famine et autres catastrophes à cause du réchauffement de la planète. Ce constat a été dressé, mercredi soir, par les participants au 1er Forum des marchés émergents d’Afrique, tenu à Rabat du 7 au 9 avril, qui ont tiré la sonnette d’alarme sur les effets néfastes des changements climatiques sur le continent.

Ils ont appelé, dans ce sens, aussi bien le secteur public que privé à intervenir pour mettre en place les mécanismes nécessaires en vue d’atténuer les effets de ces changements. Bien que l’Afrique soit la région du monde qui contribue le moins aux émissions de gaz polluants, elle risque néanmoins d’en pâtir le plus, ont-ils précisé, ajoutant que le continent est à l’origine de seulement 3,8% des émissions mondiales des gaz à effets de serre. Ils ont toutefois souligné que cette origine viendrait plutôt de la déforestation et de la consommation de produits pétroliers, estimant que ceci risque de coûter au continent de 1 à 2% du PIB lors des prochaines décennies.

Des ébauches de solutions

Plusieurs solutions ont été préconisées, notamment la création d’un fonds Carbone pour le continent africain et l’établissement d’une stratégie à court terme, proposée par la BAD, qui consiste à intégrer l’approche de la gestion des risques climatiques dans les projets qu’elle finance.

Coprésidé par Michel Camdessus, gouverneur honoraire de la Banque de France et ancien directeur général du FMI et Benjamin Mkapa, ancien président de la Tanzanie et membre de la Commission Blair pour l’Afrique, le 1er Forum des marchés émergents a connu la participation de 75 participants représentant 18 pays.

Initié par "Emerging Markets Forum", une organisation à but non lucratif basée à Washington DC, le Forum s’était penché sur l’examen de thèmes concernant le développement à long terme de l’Afrique : "Le commerce et le financement des investissements", "Les infrastructures et l’environnement" et "Les changements climatiques".

 

afrik.com - avril 2008 

11.04.2008

La libération de la femme, une exigeance du futur

Par le Capitaine thomas Sankara, discours prononcé le 8 mars 1987

 
“Il n’est pas courant qu’un homme ait à s’adresser à tant et tant de femmes à la fois. Il n’est pas courant non plus qu’un homme ait à suggérer à tant et tant de femmes à la fois, les nouvelles batailles à engager.

La première timidité de l’homme lui vient dès le moment où il a conscience qu’il regarde une femme. Aussi, camarades militantes, vous comprendrez que malgré la joie et le plaisir que j’ai à m’adresser à vous, je reste quand même un homme qui regarde en chacune de vous, la mère, la soeur ou l’épouse. Je voudrais également que nos soeurs ici présentes, venues du Kadiogo, et qui ne comprennent pas la langue française étrangère dans laquelle je vais prononcer mon discours soient indulgentes à notre égard comme elles l’ont toujours été, elles qui, comme nos mères, ont accepté de nous porter pendant neuf mois sans rechigner. ( Intervention en langue nationale mooré pour assurer les femmes qu’une traduction suivra, d leur intention.)

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