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21.06.2008

Nigeria: la rébellion conseille aux étrangers de quitter le delta pétrolier

Le groupe armé MEND a demandé samedi aux étrangers travaillant dans le secteur pétrolier de quitter le delta du Niger après que le gouvernement eut décidé de prendre des mesures de sécurité plus draconiennes contre ses militants.

Pour leur éviter d'être pris entre deux feux, nous demandons aux expatriés du secteur pétrolier d'évacuer les installations pétrolières et les bases de vie dans le secteur du delta du Niger en attendant que nous réglions son compte à un gouvernement hypocrite", déclare le MEND dans un texte.

Le président Umaru Yar'Adua a ordonné vendredi l'arrestation des responsables de la dernière attaque contre le principal champ pétrolier de Shell et exigé un renforcement de la sécurité sur toutes les infrastructures pétrolières dans le delta du Niger.

"Une attaque de nos positions sera considérée comme une déclaration d'une guerre du pétrole" affirme le teste du Mouvement d'émancipation du Delta du Niger (Mend).

Le mouvement, qui a qualifié l'ordre présidentiel de "plaisanterie", met le gouvernement au défi d'attaquer une de ses positions.

Le groupe a également appelé les jeunes de la région à saboter les structures pétrolières proches de chez eux et à rejoindre ses camps d'entraînement.

A la suite de l'attaque par le MEND de son site de Bonga, Shell Nigeria s'est déclaré vendredi en situation de "force majeure", une clause qui lui permet de suspendre ses obligations contractuelles, telles que les livraisons de pétrole et de gaz, à la suite d'événements imprévus, sans encourir de pénalités.

Suite à l'attaque du FPSO Bonga (Floating, Production, Storage and Offloading), situé à 120 km au large de Lagos, Shell a dû interrompre jeudi sa production sur ce site. Elle n'avait pas repris vendredi.

Le site de Bonga, ouvert en novembre 2005, a permis à Shell d'exporter 100 millions de barils à la date de mai 2007 et est détenu à 55% par Shell, 20% par le géant américain Exxon Mobil, 12,5% par l'Italien Agip, et 12,5% par le groupe français Total, via Elf Petroleum Nigeria.

Quand il tourne à plein régime, le FPSO Bonga a une capacité de 225.000 barils par jour, et 150 millions de pieds cubes de gaz qui partent vers le terminal de Bonny par des gazoducs sous-marins.

Le 21 avril, Shell Nigeria SPDC s'était déjà déclarée lundi en situation de "force majeure" pour avril et mai à son terminal de Bonny (sud) en raison d'attaques du MEND contre deux de ses oléoducs.

Il avait également eu recours à la même procédure à la mi-janvier suite au sabotage d'un oléoduc servant au chargement du pétrole à son terminal de Forcados.

Cible la plus fréquente des attaques dans le delta du Niger, Shell a perdu récemment sa position de premier producteur de pétrole au Nigeria au profit d'ExxonMobil, même s'il reste encore numéro un pour la combinaison gaz-pétrole.

De 2003 à 2007, sa production de pétrole dans le pays a chuté de moitié.

Les violences dans le Delta du Niger ont privé le Nigeria d'un quart de sa production de pétrole depuis janvier 2006.

Le pays a perdu en avril sa place de premier producteur africain au profit de l'Angola selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (0PEP). L'Angola a produit 1,873 million de baril par jour en avril, contre 1,818 million de b/j pour le Nigeria.

Suite à l'attaque de jeudi, les autorités nigérianes ont convoqué une réunion d'urgence lundi prochain à laquelle doivent participer les plus hauts responsables de la défense nationale et des forces de sécurité ainsi que des dirigeants des principales compagnies pétrolières multinationales opérant dans le pays

AFP

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