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27.06.2008
Le journal Le Monde est devenu islamophobe
Lettre ouverte (23 juin 2008) au
Président du directoire,
directeur de la publication,
du journal quotidien Le Monde,
Monsieur Eric Fottorino
Bonjour,
Je suis abonné à lemonde.fr depuis longtemps.
Je suis âgé de 62 ans.
Auteur d’un essai sur l’URSS,
Réalisateur homologué et producteur de la télévision française (plus de 500 heures d’antenne), notamment dans le service information de France 2 : je suis un professionnel qualifié… si vous me permettez de le dire.
Je suis agnostique ; marxiste.
Et pourtant, j’ai souvent attiré l’attention de votre rédaction sur le caractère islamophobe de sa ligne éditoriale.
Il m’est arrivé d’exprimer un avis dans vos forums. Ils n’ont jamais été publiés parce qu’ils exprimaient un avis qui n’est pas dans votre dessein.
Deux exemples récent :
1)
L’affaire du fantasme sexuel d’un homme qui voulait une épouse vierge et qui s’est fait promettre cela par celle-ci qui lui a menti.
L’affaire n’a rien à voir avec l’Islam, puis que la première épouse de Mohammed, le prophète des Musulmans, ne l’était pas : elle était veuve et plus âgée que lui.
Mais cela a été vendu par votre rédaction d’abord comme une spécificité islamique, puis comme un cas d’« inintégrabilité » de l’Islam dans la société française.
J’ai voulu mettre les choses au point dans votre forum. Pas possible : ma réaction qu’on ne pouvait soupçonner d’islamiste ou d’intégriste a été « trappée ».
2)
Aujourd’hui, dans le mail quotidien du check-list je lis :
Gilles Bernheim élu grand rabbin de France => titre en gras.
Tandis que le Conseil français du culte musulman a élu Mohammed Moussaoui à sa tête.=> corps du texte en caractères normaux (maigres)
Or sociologiquement parlant, les Musulmans et leurs familles de différentes générations représentent près de dix millions de personnes tandis que les Israélites et leurs familles de différentes générations ne représentent pas six cent mille personnes.
Où est le respect rédactionnel de l’importance sociologique et économique des uns et des autres ?
Pourtant, les Musulmans, que l’on soit croyant ou non, que l’on soit Chrétien, Israélite ou bouddhiste, sont bien nos concitoyens au même titre que tous les autres Français, non ?
Je pourrais vous fournir des dizaines de tels exemples. Faut-il parler du jeune Juif bastonné alors qu’il portait une kippa ? ON n’a pas laissé la police q’exprimer, mais le fait qu’il portait kippa empêche visiblement toute enquête sereine. Et même si cela était malheureusement arrivé ainsi.
Quelles furent les réactions privées, médiatiques et officielles lorsque des Musulmans portant sur leur visage leur teint basané et leurs cheveux frisés ont été assassinés ?.. ou sont morts d’« une crise cardiaque » sans avoir été secouru à temps ?
Votre rédaction a vraiment besoin de revoir ses positions racistes qui s’inscrivent dans un glissement général de la France vers ses souvenirs nostalgiques, coloniaux et impériaux… reproduits cette fois-ci en politique intérieure (comme l’écrivait Monsieur Boutros Boutros Ghali, ancien secrétaire Général de l’ONU et Chrétien quand il résidait à paris comme Président de la Francophonie). Je vous rappelle que déjà lors de la colonisation de l’Algérie, l’accès des Algériens à la nationalité française était conditionné par la République française laïque, pratiquant la séparation de l’Église et de l’État, à l’abjuration de l’Islam. Mais elle n’était pas gênée par ses fonctionnaires chrétiens ou israélites. De même, elle n’était pas gênée par le port du voile à l’école ou par les autres signes religieux.
Vos principes élastiques à la sauce ségrégationniste ne convainquent plus personne. Pensez-vous encore faire illusion devant des gens instruits et donner des leçons de respect des droits de l’homme tels qu’ils sont pratiqués EN France ?
J’ai donc décidé de ne pas me réabonner pour une durée au mois égale à trois mois… je verrai d’ici là si j’ai vraiment besoin d’une source d’information raciste ou si vous aurez évolué un peu.
Je vais communiquer ce texte à d’autres sites Internet et à d’autres journaux en Afrique du Nord.
À bon entendeur, salut.
Monsieur Abdellah Ouahhabi
15:45 Publié dans classé confidentiel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médias, islam, le monde, Abdellah Ouahhabi, lettre ouverte
25.06.2008
Côte d'Ivoire : Opération mains propres
Selon le procureur de la République, Raymond Tchimou, ces personnes ont été arrêtées pour "détournement de fonds, abus de confiance, abus de biens sociaux, escroquerie, faux et usage de faux en écriture privée de banque ou de commerce" dans la filière café-cacao. Une vingtaine d'autres personnes ont été inculpées et pourraient connaître le même sort, a-t-il ajouté devant des journalistes.
Les poursuites judiciaires contre les principaux acteurs de la filière café-cacao interviennent quelques jours après la décision du chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo de mener une vase croisade contre la corruption, les détournements de fonds et le racket dans ce pays d'Afrique de l'ouest.
"Les faits reprochés aux mis en cause sont d'une extrême gravité", indique à IPS, François Amon, avocat à Abidjan, la capitale économique ivoirienne. "Dans cette affaire, l'on ne retrouve pas de traces d'importantes sommes d'argent sorties des structures de gestion. Si les faits reprochés aux inculpés sont avérés, la condamnation ne tardera pas lors du procès", affirme-t-il.
Interdits de plaidoyer au moment de l'arrestation de leurs clients, les avocats des mis en cause n'ont fait, pour l'instant, aucune déclaration publique.
Honorant une promesse de campagne alors qu'il était dans l'opposition, le président Gbagbo avait décidé de libéraliser la filière café-cacao, au lendemain de son élection en octobre 2000. Il avait accordé aux producteurs le droit de gestion afin que ceux-ci jouissent directement du "fruit de leurs efforts".
Mais, une pléthore de structures de gestion a été mise sur pied par les producteurs, notamment le Fonds de développement café-cacao (FDPCC), le Fonds de régulation café-cacao (FRC), la Bourse café-cacao (BCC)... en majorité dirigée par des personnes proches du pouvoir en place.
Six ans après, les producteurs commençaient à contester la "mauvaise" gestion de leurs structures. En 2006, 100 milliards de francs CFA (environ 238 millions de dollars) avaient été détournés, alors que cet argent devait servir à l'achat d'une usine de chocolat à Fulton, aux Etats-Unis, selon un audit réalisé en octobre 2007 dans la filière, à la demande du chef de l'Etat et dont les conclusions ont été déposées récemment.
Alors, plusieurs manifestations avaient eu lieu dans les zones productrices de café et de cacao, marquées par la mise à feu de plusieurs tonnes de cacao et de café par certains producteurs pour exprimer leur mécontentement. Pendant ce temps, d'autres producteurs écoulaient leurs récoltes vers des pays voisins comme le Ghana et le Mali, à cause de la mauvaise gestion des structures qui ne leur assurait pas un bon revenu, et de la chute du prix d'achat.
"La Côte d'Ivoire était menacée de perdre sa place de premier producteur mondial de cacao", explique Marc Saumon, expert européen en négoce, en poste à Abidjan depuis trois ans. "Il était de plus en constaté une forte production des pays voisins, dont certains n'étaient pas producteurs de ce cacao", ajoute-t-il à IPS. "L'assainissement dans le milieu est nécessaire pour permettre aux populations de bénéficier des revenus de cette filière".
Selon les statistiques disponibles à la BCC, la Côte d'Ivoire a produit 1,1 million de tonnes de cacao en 2006, contre 1,4 million de tonnes en 2002, soit une baisse de 300.000 tonnes. En 2007, le pays a produit 950.000 tonnes.
Mais pour Afissa Bamba, avocate à la retraire, "l'Etat pourrait se retrouver dans un dilemme dans cette affaire. Au plus fort de la crise, l'argent de cette filière a servi à l'achat d'armes pour l'armée régulière. Ce sont des faits qui ont été clamés haut et fort dans les médias. Si cet élément est ajouté au dossier, nous aurons un cocktail explosif", soutient-elle devant IPS.
"Je dirais même que le président Gbagbo joue quelque peu sa crédibilité et son avenir politique", affirme à IPS, Hervé N'Kamé, un analyste politique. "Depuis son avènement (au pouvoir), la société (ivoirienne) a connu un développement de magouilles et de malversations par des personnes très proches de lui. S'il (Gbagbo) décide de les combattre, cela peut l'impliquer et l'emporter aussi, en dépit de sa bonne volonté", souligne N'Kamé à IPS.
"En quelques années", explique N'Kamé, "l'on a découvert de nouveaux-riches qui se construisaient des châteaux ou s'offraient des voitures de luxe. C'était devenu frustrant pour le peuple".
Michel Yobouët, coordonnateur national de l'organisation non gouvernementale de lutte contre la corruption 'Publiez ce que vous payez', salue l'opération "mains propres" dans la filière café-cacao. "Alors que ces revenus doivent servir à réduire la paupérisation de la population, ce sont des individus qui en profitaient seuls", déplore-t-il à IPS. Selon lui, la population a le droit de "savoir à quelles fins a servi l'argent du café et du cacao détourné, et que justice soit faite pour punir les coupables".
Première productrice mondiale de cacao, la Côte d'Ivoire dispose d'une filière café-cacao qui représente, à elle seule, près de 10 pour cent de son produit intérieur brut (PIB) et 40 pour cent de ses exportations.
La Côte d'Ivoire est divisée en deux par une rébellion armée qui occupe la moitié nord du pays. Depuis le 19 septembre 2002, des ex-soldats de l'armée régulière estiment avoir pris les armes pour lutter contre l'exclusion présumée des populations de cette partie du pays. Après plus de cinq ans de conflit, le pays semble amorcer une marche vers la tenue d'une élection présidentielle fixée au 30 novembre de cette année. (FIN/2008)
12:50 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, filière café cacao, lutte contre la corruption
Gbagbo gagnant face à la France
Après la visite de Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères à Abidjan, un journal burkinabé estime que c’est une victoire pour le Président Gbagbo. “Une page est tournée dans les relations entre la Côte d`Ivoire et la France". Foi du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Koutchner, qui vient d`achever une visite de deux jours sur les bords de la lagune Ebrié.
L`heure est à présent au réchauffement des relations entre les deux pays, qui s`étaient littéralement dégradées avec la crise ivoirienne. A ce propos d`ailleurs, le président ivoirien ne s`était pas embarrassé de langage diplomatique pour dire qu`il dort mieux depuis que Chirac n`est plus à l`Elysée. Si, entre Paris et Abidjan, on se remet à se faire les mamours, c`est qu`il y a bien une leçon à tirer de cette nouvelle phase : il faut se garder d`intervenir entre les deux conjoints français et ivoirien. Malgré des scènes de ménage occasionnelles sur fond d`invectives, de douleurs, d`humiliations et de ressentiments de part et d`autre, ils sont si liés par le mariage d`intérêt que les projets de divorce ne vont jamais bien loin. Même s`il est vrai que la réconciliation entre les deux époux a été favorisée par l`arrivée d`une nouvelle équipe à l`Elysée qui s`emploie à réparer les "torts" causés par l`ancien locataire de l`Elysée. Reste à savoir qui a fait le premier pas pour négocier la réconciliation. "Une fois la date de l’élection [présidentielle] fixée et donc connue de tous", il était de bon ton que Bernard Koutchner allât à Abidjan pour un réchauffement effectif des relations. Un bel argument s`il en est, pour aller vers la Côte d`Ivoire, et espérer, dans le même temps, son pardon. Et pour en rajouter à l`argument, Paris affirme que Laurent Gbagbo a promis de "faire tout ce qui lui est humainement possible pour que la date du 30 novembre soit tenue". La France, pour sa part, a été tellement frappée par le cours heureux des événements qu`elle est disposée à accompagner la Côte d`Ivoire dans la préparation du scrutin de novembre prochain. Elle devrait apporter sa contribution à hauteur de 2 millions d`euros.
Reste que si la bonne "atmosphère politique" qui prévaut actuellement à Abidjan, pour reprendre les termes du french doctor, se raffermissait, la Côte d`Ivoire n`en serait pas la seule bénéficiaire. On sait combien la France et ses citoyens comptent d`intérêts multiformes dans ce pays qui demeure dans la sous-région ouest-africaine, l`Eldorado des milieux d`affaires français. A la faveur des tristes événements de novembre 2004, les opérateurs économiques français avaient dû regagner, la mort dans l`âme, leur pays d`origine. Puis, une fois que les choses semblaient revenues à la normale, ils se sont empressés de retourner dans leur "seconde patrie", toute chose qui n`est pas sans renseigner sur les nombreux intérêts qu`ils tenaient à sauvegarder en Côte d`Ivoire. Et que dire de ces Français qui, malgré tous les risques, avaient tenu à ne pas rentrer pour des raisons autres que celles affectives qu`ils nourrissaient à l`égard de ce pays ? Après donc les opérateurs économiques français, c`est au tour des politiques de l`Hexagone de montrer combien la branche des relations entre la Côte d`Ivoire et la France peut se tordre sans jamais se casser.
Quoi de plus normal en cela quand la France tient à marquer son territoire suite à l`intrusion de concurrents sérieux dans son pré carré. Si la Côte d`Ivoire demeure, comme le remarque Bernard Kouchner, un pays potentiellement riche de ses "énergies et de ses citoyens", la France peut-elle longtemps laisser s`échapper sa "poule aux oeufs d`or"? Dans le bras de fer qui l`a opposé à la France, Laurent Gbagbo en sort finalement gagnant. Non seulement la France marque son retour en Côte d`Ivoire, mais aussi Gbagbo est toujours au pouvoir et les élections se présentent pour lui, sous de bons auspices avec la quasi-assurance que les Forces impartiales (ONUCI et Forces Licorne) seront là pour sécuriser le scrutin présidentiel. Bien plus, Gbagbo se sera présenté aux yeux de son peuple en héros national, en montrant à la face de la France une intransigeance politique lucide, en se présentant sous les traits d`un président qui ne se laisse pas conter. Au total, Laurent Gbagbo peut savourer sa victoire, tout en se réjouissant du retour de l`Hexagone dans son pays, sur fond de changement de ton favorable à la préservation des intérêts mutuellement avantageux entre Paris et Abidjan…
12:29 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, côte d'ivoire, laurent gbagbo, crise, kouchner
21.06.2008
Maghreb : Le mal-être des jeunes
Mêmes causes, mêmes effets. A Sidi Ifni, un petit port du Sud marocain, les forces de l'ordre sont intervenues, le 6 juin, pour disperser sans ménagement de jeunes manifestants qui bloquaient depuis une semaine l'accès aux quais à la suite d'un tirage au sort organisé par la municipalité pour l'embauche de trois personnes. Bilan : 44 blessés, selon les autorités.
La veille, à Redeyef, une ville minière proche de Gafsa, dans le centre de la Tunisie, un chômeur de 25 ans a été tué lors de très violents accrochages opposant la police à de jeunes protestataires. Traditionnellement frondeuse, cette région est en ébullition depuis la publication, au début de l'année, des résultats d'un concours d'entrée à la Compagnie des phosphates de Gafsa, le seul employeur (public) du bassin (voir L'Express du 15 mai).
L'Algérie n'est pas en reste. Régulièrement, des jeunes y brûlent des pneus, barrent des routes et s'en prennent aux bâtiments publics pour protester contre la "malvie". Le détonateur est souvent anodin : la défaite d'une équipe de foot, une rixe avec des policiers, la distribution, au compte-gouttes, de logements sociaux... Les émeutes durent quelques heures, ou quelques jours. Ces coups de colère accompagnés d'actes de vandalisme sont, depuis le début du printemps, de plus en plus fréquents. Au point d'être devenus l'unique forme de contestation sociale.
22:55 Publié dans question de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maghreb, société, jeune, émeutes, chômage
Côte d'Ivoire : novembre 2004, les révélations du général Poncet
par Hervé Gattegno
Officiellement, la réconciliation franco-ivoirienne est en marche. « Le plus dur de la crise est derrière nous », a lancé Bernard Kouchner au terme de sa visite à Abidjan les 14 et 15 juin-la première d'un dignitaire français auprès du président Gbagbo depuis quatre ans. Officieusement, bien des incertitudes entourent toujours le déclenchement des troubles de novembre 2004, quand le bombardement d'un camp militaire français à Bouaké par l'aviation ivoirienne tua 9 soldats et provoqua une escalade de violence.
Dans le secret de son enquête, la juge du tribunal aux armées Florence Michon a recueilli, le 20 février, une déposition édifiante : l'audition du général Henri Poncet, dont la teneur-jusqu'ici inédite-corrige les premières impressions sur les responsabilités du raid de 2004. Ancien commandant du détachement français de l'opération Licorne (10 000 soldats sous mandat de l'Onu), le général a relativisé l'implication du président ivoirien et de son entourage : « J'ai le sentiment qu'il y a eu une désorganisation totale de l'état-major à Yamoussoukro, a-t-il dit. Je pense que Laurent Gbagbo n'était pas au courant non plus. Je pense qu'il a pris le train en route et qu'il l'a fait parce qu'il est un chef bété et que, dans la culture bété, le chef assume ce que fait son clan. »
Depuis son ouverture, l'enquête judiciaire avait nettement privilégié la thèse d'un coup monté au plus haut niveau du régime pour chasser les Français hors du pays. Le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoi de l'armée ivoirienne avaient effectué un raid meurtrier sur une position française, dans des circonstances qu'un rapport du commissaire-commandant de l'opération Licorne avait estimées « imputables à l'Etat ivoirien ». Or, devant la juge, le général Poncet a mis en cause, lui, une « chaîne parallèle » de commandement qui aurait débordé le président ivoirien.
« Le président Gbagbo, raconte-t-il, ne nous avait pas caché, à l'ambassadeur et à moi-même, qu'il allait y avoir une offensive. Compte tenu de tous les signes annonciateurs d'une reprise de la guerre, nous sommes allés en effet tous les deux voir le président Gbagbo pour essayer de l'en dissuader, en lui faisant valoir les risques qu'il prenait vis-à-vis de la communauté internationale en agissant de la sorte. Le président Gbagbo nous avait répondu en substance : "Je ne peux plus les tenir." Le "les" visait ses militaires. » L'officier supérieur a même relaté à la juge que « deux ou trois jours » avant l'attaque un haut responsable de l'armée ivoirienne « avait fait passer le message qu'il fallait que nous nous tenions à l'écart si nous voulions qu'il n'arrive rien à nos ressortissants à Abidjan ». Un autre soldat ivoirien de haut rang, dit-il, lui avait aussi « lâché le morceau en [lui] disant qu'il n'avait aucune autorité sur la force aérienne ».
Une opération séditieuse
Ces nouvelles déclarations du général Poncet (deux ans et demi après sa première audition) accréditent donc l'hypothèse d'une opération séditieuse destinée à enflammer la situation du pays-et qui aurait visé au renversement de Gbagbo. Elles laissent dans l'ombre un autre point crucial de l'enquête : les arrestations de mercenaires ukrainiens, russes et biélorusses, le 7 novembre (lendemain du raid) à l'aéroport d'Abidjan, puis le 9 novembre à la frontière du Togo. La juge a établi que les pilotes du raid comptaient parmi ces supects, mais qu'ils furent vite relâchés.
« Je n'avais pas du tout envie de lâcher ces personnes », a assuré le général, précisant avoir « reçu très vite l'ordre de les libérer » -sans dire précisément de qui. « J'ai dit que je ne comprenais pas cette décision et on m'a répondu : tu exécutes », a-t-il simplement ajouté. L'enquête montre que l'interpellation à la frontière togolaise fut signalée aux services secrets français et au ministère de l'intérieur, mais là aussi en vain. Convoqué comme témoin le 7 février dans la plus grande discrétion, Dominique de Villepin, ministre de l'Intérieur au moment des faits, a certifié qu' « à aucun moment [son] cabinet n'avait été saisi de ce dossier ». Et le rapport de synthèse de l'ambassadeur que réclame la juge reste inaccessible : suivant l'avis négatif de la commission compétente, Bernard Kouchner a refusé de lever le secret-défense. Même pour la réconciliation franco-ivoirienne, toutes les vérités ne sont peut-être pas bonnes à dire...
source : lepoint.fr
enquête vidéo sur les évènements de Bouaké de novembre 2004
22:45 Publié dans classé confidentiel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, novembre 2004, bouaké, général poncet
Directive retour, les menaces de Chavez
M. Chavez a menacé de suspendre les fournitures de pétrole vénézuélien aux pays de l’UE après le vote mercredi dernier au Parlement européen d’une directive européenne selon laquelle les sans-papiers (immigrés clandestins) pouvaient désormais être retenus dans des centres spéciaux fermés en Europe jusqu’à 18 mois avant d’être expulsés vers leur pays d’origine.
Intervenant à la télévision nationale, le président vénézuélien a qualifié de “fasciste” la ligne approuvée par l’UE et a déclaré que le “pétrole vénézuélien ne devrait plus aller vers ces pays européens”.
“A mon avis, a dit M. Solana, cette déclaration est absolument disproportionnée”.
Le Venezuela vend le plus gros de son pétrole aux Etats-Unis et ce, en dépit des relations tendues avec ce pays. Il n’est qu’un fournisseur secondaire de brut pour l’Europe. Pourtant, certaines sociétés européennes travaillent au Venezuela, notamment le français Total et le norvégien Statoil.
21:42 Publié dans monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : UE, venezuela, directive retour, hugo chavez
UE, la directive retour adoptée
Sans-papiers: les eurodéputés adoptent la 'directive retour
Le projet européen de directive "retour", sur l'expulsion des sans-papiers, avait déjà été approuvé par les chefs de gouvernements. Les eurodéputés ont adopté aujourd'hui ce projet de loi controversé destiné à faciliter le renvoi des sans-papiers de l'UE.
Le texte, résultat d'un compromis conclu avec les 27 Etats membres, a été approuvé par 367 voix contre 206 et 109 abstentions. Les amendements proposés par les opposants au texte ont été à chaque fois rejetés avec des écarts de plus de 100 voix.
Cette loi européenne vise en priorité à faciliter les départs volontaires des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans l'UE. Très critiquée par la gauche et de nombreuses ONG, elle prévoit néanmoins la possibilité de les expulser dans le cas contraire, avec une durée de rétention maximale de 18 mois et un bannissement de cinq ans après expulsion. La loi n'interdit pas l'expulsion des mineurs.
Hier, Brice Hortefeux, ministre de l'immigration a affirmé que cette directive "retour" "ne changera en rien la politique française".
Concernant l'un des points les plus controversés du projet de la directive "retour" qui vise à fixer à dix-huit mois la durée maximale de la rétention des étrangers, le ministre a déclaré, en réponse à Serge Letchimy (PPM, Martinique): "Pour la France, je vous l'indique très clairement, il n'est pas question de modifier la durée maximum qui est de 32 jours."
Sur le deuxième élément de la directive qui vise à interdire pendant 5 ans le retour dans le pays d'accueil à tout étranger en situation irrégulière qui en a été expulsé, Brice Hortefeux a indiqué "avoir négocié" avec ses collègues Jean-Pierre Jouyet (Affaires européennes) et Bernard Kouchner (Affaires étrangères). "Nous avons obtenu que cette durée puisse être diminuée voire supprimée. La France n'est pas favorable à des politiques de bannissement", a ajouté Brice Hortefeux.
Enfin, à propos d'une troisième disposition relative aux mineurs sans-papiers isolés, le ministre de l'Immigration a rappelé qu'en France "il n'est pas possible, et cela me parait juste, de les renvoyer dans le pays d'origine".
"En revanche, a-t-il aussi expliqué, un certain nombre de pays le pratiquent. Le projet de directive vise à atténuer cette possibilité en demandant des garanties. Mais là aussi, très concrètement, cela ne change rien pour la France."
AFP
21:39 Publié dans monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Union européenne, immigration, directive retour
Nigeria: la rébellion conseille aux étrangers de quitter le delta pétrolier
Pour leur éviter d'être pris entre deux feux, nous demandons aux expatriés du secteur pétrolier d'évacuer les installations pétrolières et les bases de vie dans le secteur du delta du Niger en attendant que nous réglions son compte à un gouvernement hypocrite", déclare le MEND dans un texte.
"Une attaque de nos positions sera considérée comme une déclaration d'une guerre du pétrole" affirme le teste du Mouvement d'émancipation du Delta du Niger (Mend).
Le mouvement, qui a qualifié l'ordre présidentiel de "plaisanterie", met le gouvernement au défi d'attaquer une de ses positions.
Le groupe a également appelé les jeunes de la région à saboter les structures pétrolières proches de chez eux et à rejoindre ses camps d'entraînement.
A la suite de l'attaque par le MEND de son site de Bonga, Shell Nigeria s'est déclaré vendredi en situation de "force majeure", une clause qui lui permet de suspendre ses obligations contractuelles, telles que les livraisons de pétrole et de gaz, à la suite d'événements imprévus, sans encourir de pénalités.
Suite à l'attaque du FPSO Bonga (Floating, Production, Storage and Offloading), situé à 120 km au large de Lagos, Shell a dû interrompre jeudi sa production sur ce site. Elle n'avait pas repris vendredi.
Le site de Bonga, ouvert en novembre 2005, a permis à Shell d'exporter 100 millions de barils à la date de mai 2007 et est détenu à 55% par Shell, 20% par le géant américain Exxon Mobil, 12,5% par l'Italien Agip, et 12,5% par le groupe français Total, via Elf Petroleum Nigeria.
Quand il tourne à plein régime, le FPSO Bonga a une capacité de 225.000 barils par jour, et 150 millions de pieds cubes de gaz qui partent vers le terminal de Bonny par des gazoducs sous-marins.
Le 21 avril, Shell Nigeria SPDC s'était déjà déclarée lundi en situation de "force majeure" pour avril et mai à son terminal de Bonny (sud) en raison d'attaques du MEND contre deux de ses oléoducs.
Il avait également eu recours à la même procédure à la mi-janvier suite au sabotage d'un oléoduc servant au chargement du pétrole à son terminal de Forcados.
Cible la plus fréquente des attaques dans le delta du Niger, Shell a perdu récemment sa position de premier producteur de pétrole au Nigeria au profit d'ExxonMobil, même s'il reste encore numéro un pour la combinaison gaz-pétrole.
De 2003 à 2007, sa production de pétrole dans le pays a chuté de moitié.
Les violences dans le Delta du Niger ont privé le Nigeria d'un quart de sa production de pétrole depuis janvier 2006.
Le pays a perdu en avril sa place de premier producteur africain au profit de l'Angola selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (0PEP). L'Angola a produit 1,873 million de baril par jour en avril, contre 1,818 million de b/j pour le Nigeria.
Suite à l'attaque de jeudi, les autorités nigérianes ont convoqué une réunion d'urgence lundi prochain à laquelle doivent participer les plus hauts responsables de la défense nationale et des forces de sécurité ainsi que des dirigeants des principales compagnies pétrolières multinationales opérant dans le pays
AFP
21:28 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nigéria, rebellion, pétrole
16.06.2008
L'Afrique, un continent plongé dans le noir
"L'Afrique noire"n'a jamais aussi portée son nom : les trois quarts de l'électricité du continent sont utilisés par l'Afrique du Sud, l'Égypte et les autres pays qui ceinturent le littoral méditerranéen de l'Afrique... pour le reste, c'est le noir total
Tout le monde reconnaît depuis longtemps qu'il faut construire de nouvelles centrales électriques en Afrique, mais la plupart des tentatives d'électrification sur le continent dans les années 70 et 80 ont échoué. Dans certains pays, les dictateurs ont tout simplement pillé les centrales électriques pour les pièces et le carburant. En d'autres mots, les centrales ont été construites, mais l'entretien n'a jamais été assuré. On a fait tourner les turbines au maximum de leur capacité jusqu'à ce qu'elles rendent l'âme, pour ensuite les abandonner. Selon certaines statistiques, seulement 17 des 79 centrales électriques du Nigeria, dont plusieurs datent de cette époque, fonctionnent toujours; la demande électrique du pays est estimée à 7,600 mégawatts, alors que la capacité existante n'est que de 3,500 MW. La Banque mondiale estime que 500 millions d'habitants en Afrique subsaharienne n'ont pas accès à ce qu'elle qualifie « d'énergie moderne ».
La situation ne peut qu'empirer parce que la demande augmente constamment. La croissance économique des dernières années avec son cortège de nouvelles usines et de centres commerciaux a entraîné une augmentation parallèle de coupures de courant à tout va. Partout où la demande a dépassé la capacité des réseaux électriques, les lumières s'éteignent régulièrement. L'exode des chaumières rurales vers les maisons et appartements urbains n'a fait qu'augmenter les contraintes. Même les plus pauvres des nouveaux arrivants ruraux veulent s'éclairer à l'électricité et s'acheter une télévision, sinon une radio et c'est par millions qu'ils quittent leurs villages. La compagnie d'électricité du Kenya estime qu'elle raccorde 12.000 nouveaux abonnés par mois au réseau national.
Pour le moment, le continent compte surtout sur l'hydroélectricité qui représente 60 % ou davantage de l'énergie utilisée dans 13 pays africains. Mais la pluviométrie africaine est plus incertaine que celle de la Norvège, par exemple, et les barrages africains fonctionnent souvent en deçà de leur capacité nominale.
source : The Economist
23:12 Publié dans question de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique, électricité
Prédiction 2008?
22:15 Publié dans classé confidentiel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, crach