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21.08.2008
Autopsie du RHDP
La coalition des Houphouëtistes dont le pilier est la Troïka PDCI, RDR, UDPCI est en train de mourir de sa belle mort. Cette alliance était d’ailleurs apparue comme un mariage contre nature devant les observateurs les plus avertis de la politique Ivoirienne. Et ils n’ont pas eu tort. Il a suffit d’user d’un peu de patience pour que le temps leur donne raison. En effet, après avoir ébloui les militants des partis qui la composent par une flamme illusoire, elle a aussitôt amorcé une extinction causée par des actes de méfiance et propos discourtois émanant de leurs leaders. Désormais au RHDP les mots les plus usités sont : trahison, méfiance, machination. C’est que, comme dans un couple de lépreux où les conjoints éprouvent toujours du mal à s’embrasser, les personnalités qui composent la haute direction du RHDP sont faites de pièces qui ne peuvent s’assembler. Le moindre geste maladroit ou propos nuancé est vite examiné au microscope pour y décoder le message caché. Le mariage n’a donc duré que le temps de la lune de miel. Mais pouvait-on honnêtement en espérer une issue autre que celle qui se présente aujourd’hui ? Pour qui connaît la politique en Eburnie, il est aisé de parier qu’une alliance entre Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara ne tient que sur du papier. Son application honnête et sincère serait synonyme de la reconstitution d’un puzzle dont les pièces présentées n’ont rien à voir avec le croquis. Nzuéba et Ado sont deux personnalités que le destin a toujours opposées.
Les causes du divorce
A l’annonce de la constitution d’une plate forme des Houphouëtistes devant regrouper, le PDCI, le RDR, soupçonné d’avoir fomenté le coup d’Etat de 1999 et l’UDPCI dont le père fondateur, le Général Guéi est l’auteur connu de ce coup d’Etat, des voix se sont élevées pour marquer leur désapprobation. Au bureau politique du PDCI, des membres avaient posé des préalables à la formation de cette alliance qui du reste devait se faire à Paris loin de la terre natale d’Houphouët dont l’on se réclame. Ces cadres du parti voudraient d’abord s’informer sur le contenu et surtout les annexes de l’accord. Mais le Président Bédié n’a pas fait droit à cette demande et s’est entêté à s’allier aux partis qui sont à la base de la déchéance du sien. C’est pourquoi des membres des hautes instances du PDCI ont vite conclu que le RDHP n’était autre qu’une partie de poker où Bédié et Alassane espèrent secrètement chacun de son côté jouer le jeu à son seul profit. Des deux côtés, existent des sources d’espoir. En cas d’empêchement de la candidature de l’un, l’autre devait automatiquement au nom de l’alliance gonfler son électorat par les militants de son allier. Ainsi, sur aucune décision devant aboutir à une représentation unique du RHDP, les deux personnalités ne se sont mises d’accord. Dans la formation des différents gouvernements pendant cette crise, chacune des parties de l’alliance a lutté pour obtenir son quota. Le débat sur l’unicité de candidature à l’élection Présidentielle a vite été étouffé et les déclarations et positions sur les différents évènements qui surviennent dans le pays sont toujours discordantes. Cette guerre de leadership menée avec des « armes légères » a pris une autre ampleur depuis le discours du Président Laurent Gbagbo devant les populations de Vavoua en Juillet dernier. En effet, le chef de l’Etat après avoir « savonné » le Président du PDCI devant toute la nation a aussitôt reçu avec les honneurs qu’il lui accorde, le leader du RDR pour un entretien marathon à l’issue duquel rien n’a filtré. M. Ouattara ne soufflera mot à personne, pas même à son ami et allier du RHDP. Cela a suffit pour déclencher les hostilités avec cette fois « les armes lourdes ». Dans l’entourage de Nzuéba, Ado est vue comme un traître. Mais ce dernier n’a en a cure. Il montre au grand jour son désaccord avec Bédié en soutenant le Premier Ministre pour la dissolution du gouvernement et la formation d’une équipe restreinte comme le recommande le Président Gbagbo pendant que le PDCI se bat pour le contraire. Ado va plus loin en donnant un avis favorable pour sa participation au premier anniversaire de la flamme de la paix à Bouaké. M. Bédié est obligé de l’y suivre, lui qui avait auparavant déclaré pour justifier son absence à la cérémonie de la flamme de la paix l’année dernière que le sort provoqué par le sang versé à Bouaké n’avait pas encore été conjuré. Le fameux sacrifice a-t-il été finalement fait ? Nul ne le sait. Dans tous les cas, le Président du PDCI pour rien au monde ne pouvait souhaiter être absent à un lieu où Blaise compaoré, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Alassane Ouattara seront présents à l’heure où l’on parle de remaniement ministériel. Seule l’absence d’Ado pouvait justifier la sienne. Mais Ouattara n’est pas prêt pour lui comme on le dirait à Wassakara. Pis, à Bouaké, Ado avait déjà préparé l’humiliation de son ami. Pendant leur séjour dans la capitale des Forces Nouvelles, Ouattara s’est offert quand il le voulait, un bain de foule de sympathisants et d’une armée de dozos noyant le sphinx de Daoukro dans cette émeute savamment organisée. La surprise était de taille pour le Président du PDCI qui a eu l’effet contraire de ce qu’il espérait de sa présence à Bouaké supposé être le bastion de son parti. Noyé au milieu des moqueries et mauvais propos des partisans de Ouattara Bédié a vite compris qu’il était l’objet d’une cabale et n’a pas manqué de le faire savoir à ses proches, promettant de rendre la monnaie sans omettre le moindre centime à Ado. Depuis Bouaké donc, les hostilités entre les deux leaders du RHDP sont rouvertes et cette fois, avec « les armes lourdes ».
Bedie – alassane : l’impossible mariage
Nul ne l’ignore, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ont tous les deux eu comme tremplin politique, leurs places de privilégiés auprès du Président Houphouët Boigny. Nzuéba de sa position de Président de l’Assemblée Nationale c’était vu conforter dans la course au fauteuil présidentiel par l’article 11 de la constitution considéré par certains hommes politiques comme taillé sur mesure. Ado, de son poste de Premier ministre jouissait de la confiance du Président Houphouët et la maladie du père de la nation qui a occasionné un vide à la tête de l’Etat pendant une longue période lui a permis de mieux apprécier les avantages liés au poste de Président de la République. Ce qui a d’ailleurs aiguisé son appétit pour le pouvoir. Chose que Nzuéba a vite décelé. Depuis, un conflit est ouvert entre les deux hommes. Ce conflit est régulièrement entretenu par des hostilités épisodiques toujours liées à leurs ambitions Présidentielles. La contestation de l’application de l’article 11 de la constitution à la mort du Président Houphouët par son Premier et ses partisans, le rejet de la candidature d’Ado par Bédié en 1995, les déclarations sur la nationalité voltaïque d’Ado par l’actuel Président du PDCI dans son livre autobiographique intitulé « les chemins de ma vie », le coup d’Etat de 1999 attribué à Ouattara alors qu’un mandat d’arrêt international était lancé contre lui par Bédié sont des faits qui ont alimentés cet antagonisme et démontrent l’impossibilité d’un mariage viable entre les deux personnalités.
La rivalité Blon–Mabri : l’autre plaie du RHDP
A côté des deux dinosaures du RHDP, se livre une autre bataille de leadership au sein de l’UDPCI entre Siki Blon blaise et Albert Mabri Toikeuse Abdallah. Les deux compagnons du Général Guéi n’arrivent plus à accorder leurs violons. Blon Blaise, le bulldozer politique de l’Ouest ne peut plus canaliser les ambitions politiques de son jeune frère Abdallah qui a déjà exprimé publiquement son vœu de briguer la magistrature suprême du pays. Pour l’heure, les partisans des deux hommes ne se nourrissent que des rumeurs véhiculées sur les relations. Certaines soutiennent que c’est une affaire de femme qui les oppose, d’autres affirment plutôt que c’est sur le choix du candidat que l’UDPCI doit soutenir lors de la prochaine Présidentielle qui les divise. Mabri ne faisant pas poids devant les autres candidats déclarés, Blon Blaise lui aurait demandé en tant que Président de l’UDPCI d’annoncer un soutien public à Laurent Gbagbo afin de garantir l’avenir de leur parti. Ce que Abdallah aurait refusé rétorquant qu’il ne soutiendrait un candidat qu’au deuxième tour où il y a plus de visibilité dans le jeu. Des deux causes du conflit quelle est la vraie ? Difficile de le dire. Ce qui est par contre vrai, c’est que le feu couve à l’UDPCI à l’image de tout le RDHP. Le front ouvert contre le pouvoir par cette coalition de l’opposition significative a finalement été un feu de paille.
ULRICH MOUAHET pour Nouvelle Fraternité
09:47 Publié dans question de fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rhdp, pdci, rdr, côte d'ivoire, alassane ouattara, henri konan bédié, crise
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