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05.06.2008

Chrétiens persécutés en Algérie

par Habibou Bangré 

 

Le tribunal de Tiaret a condamné quatre Algériens convertis au christianisme à des peines de prison avec sursis et des amendes pour « pratique d’un culte non musulman sans autorisation ». Le président de l’église protestante d’Algérie a fait part de sa « tristesse » à l’annonce du verdict. Un verdict qui pourrait bien être suivi d’autres condamnations de convertis chrétiens. Le tribunal de Tiaret a tranché. La cour de cette ville située à 200km au Sud-Ouest d’Alger a déclaré coupables mardi quatre hommes accusés de « pratique d’un culte non musulman sans autorisation ». Ils avaient été interpellés le 9 mai pour avoir participé chez l’un d’eux à une messe, ont expliqué les forces de sécurité. Ce qui est interdit d’après une loi controversée de février 2006, selon laquelle seul le ministère des Affaires Religieuses peut agréer les lieux de culte et leur servant.

Les quatre accusés, qui ont reconnu s’être convertis au christianisme, ont nié avoir pris part à une messe. Reste que le tribunal de Tiaret a condamné l’hôte présumé dudit rassemblement à six mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. Les trois autres écopent de deux mois d’emprisonnement avec sursis et de 1 000 euros d’amende. Deux autres prévenus ont de leur côté été acquittés après qu’ils ont affirmé ne pas s’être convertis et avoir juste assisté à un déjeuner.

L’avocate des ex-accusés estime que la justice « a mis de l’eau dans son vin », d’après les propos recueillis par RFI. Me Khelloudja Khalfoun compte cependant faire appel de la décision. Elle se justifie en expliquant que le verdict n’était pas juste et cohérent puisque seuls ceux qui ont confessé leur conversion au christianisme ont été condamnés. « Ils étaient jugés pour les mêmes faits, ils devaient être soit tous condamnés, soit tous relaxés », souligne-t-elle. Un avis que partage le président de l’église protestante d’Algérie. Mustapha Krim a confié à l’Associated Press sa « tristesse » et ses « regrets » quant au jugement du tribunal de Tiaret, qu’il qualifie de « persécution ». Et de déclarer : « Nous demandons aux autorités algériennes de respecter les convictions religieuses des chrétiens en Algérie. On demande en tant que citoyens algériens d’exercer notre culte en toute dignité et en toute liberté ».

Mustapha Krim appelle par ailleurs à l’abrogation de la loi de février 2006. Une loi qui a débouché sur la fermeture de « plus d’une douzaine d’églises au cours des six derniers mois » ainsi que de « plusieurs mosquées », indique le site de la BBC. Une loi qui a aussi conduit à un certain nombre de procès contre d’anciens musulmans accusés de prosélytisme. Au moins trois Algériens convertis sont d’ailleurs en attente d’une décision de justice. Dans le procès d’Habiba Kouider, interpellée début avril avec une dizaine d’exemplaires de la bible, le tribunal de Tiaret a demandé un « complément d’enquête » avant de rendre son verdict. Le procureur a toutefois requis trois ans de prison ferme contre la coupable présumée de pratique illégale d’un culte non musulman. Deux Algériens accusés de prosélytisme, jugés par le tribunal correctionnel de Tissemsilt, devraient quant à eux être fixés sur leur sort le 18 juin

afrik.com

31.05.2008

Union méditerranéenne : le veto algérien?

par Smail Rouha
 
Selon des sources diplomatiques, le président de la République ne prendrait pas part au Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays de la future Union pour la Méditerranée (UMP) prévu à Paris le 13 juillet prochain. Selon les mêmes sources, le Président Bouteflika aurait d’ores et déjà signifié au président français, Nicolas Sarkozy, sa réticence à prendre part à un tel sommet.
La Présidence aurait informé l’Elysée de son refus d’être représentée au niveau du chef de l’Etat à ce rendez-vous diplomatique, lors de la dernière visite à Alger du chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. Les observateurs de la scène politique méditerranéenne s’accordent à dire que la prochaine visite à Alger du Premier ministre français, François Fillon, n’apportera pas de grands changements quant à la décision de l’Algérie qui a décidé ainsi de faire l’impasse sur le sommet de l’Union pour la Méditerranée. Abdelaziz Bouteflika est convaincu de la justesse de sa décision. Les mêmes observateurs estiment que la décision du chef de l’Etat est loin de toute considération bilatérale et encore moins au fait que la France, initiatrice du projet, ait décidé unilatéralement au partage des postes.

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