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28.05.2008

La présidence à vie est elle une fatalité arabe ?

 
L’année dernière, à cette même époque, les Mauritaniens ont organisé pour la première fois de leur histoire une élection présidentielle parfaitement libre et honnête, fait unique dans les annales du Monde arabe. Quelle évaluation pouvons-nous faire aujourd’hui de cette première ? Serait-ce là la fameuse hirondelle annonçant un printemps démocratique dans la seule région du monde restée totalement réfractaire à la vague de démocratisation.

Tous mes interlocuteurs étaient d’accord sur le fait, qu’en matière de libertés publiques, le retour du bâton craint, une fois éteinte les lampions de la fête, ne s’est pas produit.

Mais beaucoup de représentants de la "société civile" semblaient dubitatifs quant à l’enthousiasme soulevé par l’expérience mauritanienne dans les pays arabes.

Leurs arguments appelant à tempérer cet enthousiasme sont les suivants :

- D’une certaine façon, les caciques de la dictature déchue n’avaient pas le choix, surtout après la tentative de putsch de 2003, que d’organiser leur propre soulèvement et sauver leurs propres têtes et privilèges en sacrifiant le dictateur devenu un fardeau pour le système.

- C’est le candidat du régime de l’époque, soutenu par la caste militaire, toujours omnipotente, qui l’a emporté et non le candidat de la "vraie alternance".

- Certes les formes électorales ont été respectées, mais la lutte n’a pas tourné autour de programmes politiques. Les déterminants ont été l’argent et le clientélisme tribal et ethnique.

Il est exact que sans l’intervention en sous main des militaires, le candidat de l’opposition aurait eu de meilleures chances de l’emporter, sans que cela soit absolument certain.

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27.05.2008

La démocratie américaine selon Thierry Meyssan

L’élection du président aux États-Unis, tous les quatre ans, est l’occasion d’un grand spectacle médiatique qui tient le monde en haleine. Ce système électoral fort complexe est contrôlé par l’oligarchie et donne l’illusion d’une souveraineté populaire contre laquelle il a été conçu. Thierry Meyssan répond à nos questions sur le fonctionnement méconnu de la « démocratie » made in USA.
obama cain clinton

Sandro Cruz : Les États-Unis sont en pleine campagne électorale présidentielle. Trois candidats sont en lice. Quel regard portez-vous sur eux ?

Thierry Meyssan : En premier lieu, il importe de noter qu’il n’y a pas que trois candidats à la candidature (McCain chez les républicains, Clinton et Obama chez les démocrates), car de petits partis auront aussi leurs candidats, et des indépendants peuvent se présenter dans certains États. Il y avait dix-sept candidats en 2004, alors que les médias européens n’en ont cité que trois.

En 2008, il y aura au moins un candidat libertarien, un vert et deux trotskistes (le « vrai » Roger Calero et le « faux » Brian Moore, appointé par la CIA), un prohibitionniste (le pasteur Gene Amondson), un représentant du parti des contribuables (désormais dénommé parti de la Constitution), plus un indépendant (Ralph Nader)

Toutefois, ces petits candidats ne sont pas autorisés à se présenter sur tout le territoire et ne totaliseront probablement pas 5 % des voix. Le républicain et le démocrate rafleront la mise. C’est pourquoi les médias non-US ne s’intéressent qu’à MM. McCain, Obama et Mme Clinton. Ils ont tort, car si les petits candidats n’ont pas de crédibilité pour accéder à la Maison-Blanche, leur activisme laboure la société états-unienne et influence à terme le discours politique.

Vous me demandez ce que je pense des grands candidats c’est-à-dire ce que cela changera dans la politique des États-Unis si c’est l’un plutôt que l’autre qui est élu. Je pense que vous posez la question à l’envers. Vous conviendrez que l’actuel président, George W. Bush, n’a pas les capacités pour gouverner. C’est une marionnette derrière laquelle se cache le vrai pouvoir. Et si la politique des États-Unis ne se décide pas aujourd’hui dans le Bureau ovale, pourquoi voulez-vous qu’il en soit autrement l’an prochain ?

L’oligarchie est maintenant face à un dilemme :
- 1. Soit continuer la politique coloniale actuelle ;
- 2. Soit revenir à une forme d’impérialisme plus présentable.
Compte tenu de l’emballement de la crise financière et des échecs militaires, la poursuite de l’aventurisme peut conduire à la chute, mais aussi, pourquoi revenir en arrière quand on n’y est pas directement forcé ?

Si McCain correspond au premier terme de l’alternative et Obama au second, Clinton peut s’adapter à l’un comme à l’autre. C’est le sens de son maintien dans la course alors qu’elle aurait dû jeter l’éponge depuis longtemps. En réalité, après des mois de luttes intestines, l’oligarchie états-unienne vient de choisir. Comme on le voit avec les négociations en cours et divers accords de paix au Pakistan, en Irak, au Liban, en Syrie et en Palestine, elle a renoncé au « clash des civilisations » et au « remodelage du Grand Moyen-Orient ».

Obama offre deux qualités : d’une part, il a fait campagne sur le thème du changement et peut donc facilement incarner un renouveau en politique étrangère ; d’autre part, l’oligarchie majoritairement blanche préfère laisser à un noir la responsabilité d’annoncer la faillite du pays et d’affronter les inévitables révoltes sociales qui suivront.

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24.04.2008

Elections présidentielles en Afrique

Les élections présidentielles en Afrique sont souvent source de contestations et de crises, même si certains pays ont connu des alternances réussies. Au KENYA, où plus de 300 personnes ont été tuées depuis la réélection contestée du président Mwai Kibaki, les périodes électorales ont été plusieurs fois le cadre d'émeutes meurtrières. En 2002, le pays a connu une alternance démocratique et pacifique avec la victoire de M. Kibaki, mais les deux scrutins de 1992 et de 1997 avaient été marqués par des violences politico-ethniques. En 1992, juste avant et après les élections générales, des centaines de personnes ont été tuées dans la vallée du Rift (ouest) dans des violences interethniques.

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